Visite du centre périnatal – L’Arbresle (69)
Mercredi 9 novembre 2005
Etaient présentes : Virginie Héritier, Fanny Loudenot, Nadine Zacher, Ombeline Teihlol, Anne-Marie Parrad, Myriam Lapandry, Anne-Marie Naudin.
Objectif
Le centre périnatal de l’Arbresle, créé en 1997 suite à la fermeture de la maternité, est un service de proximité proposés aux parents de la région. Il se compose de 10 lits. Le service travaille en collaboration avec la clinique du Val d’ouest, où se déroulent les accouchements.
Effectif
q 6 sages-femmes, 3 gynécologues, 1 anesthésiste et des auxiliaires y suivent les mamans pour les visites postnatales, les préparations à la naissance et l’après accouchement.
q Chaque jour, la garde est assurée par une sage-femme et 1,5 temps complet d’auxiliaire (qui se charge des bains, du ménage, des repas et des départs).
q Un psychologue qui travaille dans l’hôpital est disponible tous les jours.
Avant la naissance
Consultations postnatales
Elles sont assurées tous les matins par un gynécologue assisté d’une sage-femme. A la fin de sa grossesse, la future maman a donc pratiquement été en contact avec tout le personnel du centre.
Accueil des parents – Préparation à la naissance
q Les parents ont accès à 5 cours théoriques et 3 cours pratiques de préparation à la naissance.
Ces cours sont laissés au choix des parents, qui sélectionnent ceux qu’ils désirent.
Cours pratiques proposés :
- haptonomie
- piscine
- yoga
- eutonie (tonus harmonieux, travail avec les ballons, assouplissements)
- relaxation
Si elles veulent en faire davantage, une participation financière est demandée.
q Un groupe papas est proposé dès le début de la grossesse pour tous ceux qui le désirent, à raison d’une rencontre par mois. Il est animé par un sage-femme homme de Lyon, qui vient de manière quasie bénévole : ses frais de déplacements uniquement sont pris en charge par l’association ANA. Après un long démarrage, 4 à 5 papas se retrouvent à chaque rencontre.
Naissance
q Au moment du travail, la maman a le choix entre aller au centre périnatal pour une visite afin de savoir quoi faire, ou se rendre directement à la clinique du Val d’ouest, située à l’entrée de Lyon (Ecully) pour y accoucher.
q En semaine, c’est normalement le gynécologue qui a suivi la maman qui effectue l’accouchement. Dans les faits, la sage-femme pratique souvent l’accouchement, mais le gynécologue est présent. La nuit et le week-end, l’accouchement est réalisé par le gynécologue de garde.
q 6 heures après la naissance, et si aucune contre-indication ne retient la maman ou l’enfant, le transfert sur le centre périnatal a lieu par ambulance, le plus souvent dans l’après-midi avec une auxiliaire. Ce délai est étendu à 24 heures dans le cas d’une césarienne.
Après la naissance
q Il n’y a pas de rééducation périnéale de proposée.
q Le plus souvent, les mamans restent 5 jours, et ne demandent pas souvent à séjourner davantage.
q Un groupe mamans-bébés est proposé. Il ne fait pas parti des cours pris en charge par la Sécurité sociale : il est animé par les bénévoles mamans de l’association ANA.
Allaitement
q Un groupe sur l’allaitement est proposé par l’association ANA avec une sage-femme et une puéricultrice de la PMI. Il ne fait pas parti des cours prix en charge par la Sécurité sociale.
q La prise en charge des frais afférent à ce groupe est effectuée par l’association.
q Le taux d’allaitement semble assez important : selon la sage-femme qui nous a reçu, celui-ci dépasserait les 50 % à 6 mois d’âge de l’enfant, sur la totalité des mères ayant accouché. Une étude a été réalisée sur le sujet : les résultats devraient nous être communiqués.
q De nombreuses mères téléphonent pour poser leurs questions sur l’allaitement après leur retour à la maison.
q Par contre, le don de colostrum n’est pas proposé aux mères. La sage-femme n’était d’ailleurs pas au courant de cette possibilité. Un des problèmes réside dans le fait que les sages-femmes du Val d’ouest ne pratiquent pas la mise au sein dès la naissance, et laissent l’allaitement à la charge de celles du centre périnatal.
Association ANA
Composée d’une part par le personnel médical, d’autre part par des parents. Se charge d’organiser le groupe sur l’allaitement, la prise en charge des frais du sage-femme homme, l’achat de matériel pour le centre, l’achat et le prêt de matériel, de revues, d’ouvrages pour les parents…
Le financement est assuré par les cotisations (10€) et par l’argent du lait remis au centre.
Ce financement leur permet la mise en place de plaquettes et de projets conséquents.
Ce qui ressort de cette visite
q Le principal point d’achoppement que nous voyions dans ce principe est l’accouchement dans une autre structure, ce qui prive la mère de la rencontre après-naissance avec la personne qui l’a accouchée. Cependant, les mères qui ont accouché au centre ne paraissent pas en être gênées.
q La proposition de choix dans les cours nous paraît très intéressante, en particulier pour celles et ceux qui ont déjà suivi une préparation à la naissance. Le principe est inverse de celui proposé à Montceau, où les dates de préparation sont fixées pour chaque « groupe » de mamans : les mamans s’intègrent dans une structure de « cours » répartis sur la semaine.
q Les lieux sont très accueillants, entre autres la salle de préparation : couleurs claires, fauteuils confortables, peinture…
q Le fait de ne pas avoir d’accouchement à effectuer libère un réel temps d’écoute et de suivi des mères et des enfants, propices à la mise en place d’une relation dans la sérénité. Les sages-femmes remplissent pleinement leur rôle de professionnelles de la naissance et favorisent le départ des parents chez eux. Cependant, des problèmes internes liés à cette situation voient régulièrement le jour, entre certains personnels de la clinique et ceux du centre, les premiers étant enclins à considérer que le fait de ne pas effectuer d’acte d’accouchement faisait des seconds des « sous-sages-femmes ». Une autre remontrance réside dans le fait qu’il y à une sage-femme pour 10 lits : le pas est vite franchi de dire que cette dernière « ne fait rien ». Quand on connaît l’importance des suites de couches pour les mamans, cette remarque paraît hors de propos.
q Les principales qualités des ce centre résident dans le service de proximité rendu, la petitesse du lieu qui permet de connaître tout le monde, le choix dans les préparations à la naissance et la disponibilité du personnel pour l’après-naissance.
q Le centre est, depuis sa création il y a 7 ans, en phase de « test ». Il y a donc toujours un risque de le voir fermer, sans proposition de réouverture d’une maternité classique à la place. Son fonctionnement est reconduit environ tous les 2 ans. Il n’a pas de statut défini (hôpital…), ce qui rend son existence encore plus complexe.
Quelques propositions
Cette visite nous a conduit à deux principales conclusions pour notre cas :
- l’importance de l’allure de la salle de préparation à la naissance : nous envisageons d’en parler avec la maternité afin de savoir si une amélioration de ce local (à laquelle nous pouvons participer) est envisageable,
- le choix dans les cours de préparation à la naissance : peut-on en retirer quelques idées pour la maternité et émettre des propositions pour le service ?
Nous proposerons aux adhérents de l’association d’organiser en 2006 une rencontre avec les membres de l’ANA, dont le fonctionnement semble assez proche du nôtre, afin de partager les expériences de chacun.